Report Live WATAIN / Rotting Christ

Le Trabendo / Paris / le 17 novembre 2018 avec Garmonbozia



Direction le Trabendo pour la grande messe noire des Suédois de Watain, partis en croisade depuis 1998. Nous avons donc rendez-vous ce soir avec la mort, les ténèbres et l’enfer pour boire le calice rempli du sang de Watain. J’entre donc dans les catacombes du Trabendo où une chaleur moite me pénètre et j’aperçois au loin sur les planches le grand autel du sacrifice dressé, tridents, bougies, crânes d’animaux, ossements et chaînes métalliques. Mon sang se glace, sommes-nous tombés sur une salle de torture ou bien dans la chambre particulière de Satan ? Je ne suis pas rassuré à la vue des nombreux tridents, symbole emblématique du groupe Watain, et pourtant je n’aperçois pas de loups en gardiens du temple. En me rapprochant du lieu sacré, quelques bougies sont déjà allumées et mettent en lumière une plaque en fer forgé portant l’inscription « Watain » découpée, trônant au-dessus de la scène telle une enseigne maléfique nous invitant à rentrer dans une danse macabre. Un épais brouillard envahit brusquement le temple, les premières notes retentissent et remontent du centre de la terre au sein de ce lieu démoniaque où les adeptes présents paraissent comme envoûtés, ébahis et subjugués devant tant de rouge, de chaleur et de beauté. À ce moment précis, les quatre disciples d’Erik Danielsson investissent les lieux et stoïquement se mettent en place, armés de leurs instruments prêts à déverser les tripes de l’enfer à un public avide de jouir de plaisirs démoniaques. Les cris se décuplent à l’apparition du maître, du gourou tatoué, ensanglanté, torche en main, le regard inquiétant, allumant une à une les bougies de l’autel. Moment de communion intense lors de l’offrande du feu aux adeptes entourant religieusement la flamme de la libération avec leurs mains. Le feu sacré sera donc l’un des quatre éléments à honorer et la fosse s’enflammera comme une torche ce soir. Après une brève prière d’Erik pour libérer les énergies musicales de l’enfer, le titre « Storm of the antichrist / Tempête de l'antéchrist » souffle son vent telle une tornade dévastatrice emportant dans la tourmente tous les adeptes venus trouver le souffle du diable. La batterie martèle le rythme de la messe noire, les guitares crissent et injectent à nos corps et nos oreilles le fluide et la chaleur indispensable à la communion imposée de main de maître par ces Suédois, ces descendants des Vikings avides de sang et de conquête. Suivra « Nuclear alchemy », sous les bras et poings serrés guerriers, cornes du diable de cette nouvelle armée des ombres envoûtée pour un peu plus d’une heure de show. Devant tant de dévotion, Watain met les bouchées doubles et martèle à ses enfants le son de l’enfer avec une setlist sanguinaire puisée dans les entrailles de la terre, dont quatre titres de leur dernier méfait « Trident Wolf Eclipse » : « Nuclear alchemy », « Furor Diabolicus », « Sacred damnation » et « Toward the santuary ». En regardant les visages envoûtés des convives, on peut ressentir le désir et l’envie de recevoir et boire le sang de Watain tels des apôtres. Watain rendra un hommage appuyé au groupe Bathory – influenceur de la scène Black Metal scandinave à partir de 1980 – avec le titre « The return of darkness and evil ». La messe se terminera par « Sworn to the dark / Assermenté dans le noir » afin de sceller le pacte avec les convives et leur voler leur âme à tout jamais.

 

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Setlist WATAIN : Storm of the antichrist, Nuclear alchemy, The child must die, Agony fires, Furor Diabolicus, Sacred damnation, The golden Horns of Darash, Malfeitor, Toward the santuary, The return of darkness and evil (Bathory cover), Sworn to the dark.

 

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Avant ce set apocalyptique tout droit venu de l’enfer, nous avons le plaisir de pouvoir apprécier une fois de plus le set des Grecs de Rotting Christ distillant un Black Metal audible puissant et mélodique aux influences diverses. Pas de décorum particulier ce soir, la messe va être dite dans la sobriété, sans ambiance théâtrale morbide ou accessoirisée. Le guitariste et chanteur Sakis Tolis en métronome donne la rigueur et le rythme au rouleau-compresseur grec et harangue avec puissance et force le public venu accessoirement pour Lucifer. Il réussira à faire décoller l’ambiance, insuffler une belle énergie aux nombreux suceurs et buveurs de sang. Nous assisterons ce soir à un quatuor de musiciens très investis et un leader Sakis très en voix et parlant du diable avec le sourire. Leur prochain méfait « The Heretics » sortira le 15 février 2019 chez Season Of Mist.

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Texte et photos : © Chantepie Hugues
Merci à Tangui & Garmonbozia
 

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